Dans cet article
  1. Ce que le visiteur cherche dans vos images
  2. Trois métiers, trois listes de prises de vue
  3. Avec quel matériel, et comment
  4. Pourquoi les images de banque nuisent, au-delà du goût
  5. Ce que Google recommande pour les photos d’un site internet d’entreprise
  6. Le droit à l’image : ce qui est permis, ce qui ne l’est pas

Un couvreur ouvre son site, livré la semaine dernière. Belle page d’accueil : une maison de catalogue sous un ciel parfait, un homme en casque blanc qui sourit à un plan. Ce couvreur n’a jamais porté ce casque, la maison est en Californie et la même photo illustre le site d’un concurrent à trente kilomètres. Le visiteur ne le sait pas forcément. Mais il le sent : rien sur cette page ne prouve que l’entreprise existe.

C’est le sujet de cet article : parmi les photos d’un site internet d’entreprise, lesquelles convainquent, lesquelles décorent, comment les faire sans studio, ce que Google attend des images, et ce que dit la loi.

Ce que le visiteur cherche dans vos images#

Le visiteur qui arrive par Google a un doute à lever : est-ce que ces gens sont réels, compétents, et est-ce que je vais me sentir à l’aise avec eux ? Les textes répondent en partie. Les images répondent plus vite.

Cinq sujets font l’essentiel du travail, quel que soit le métier :

  • L’équipe : les personnes que le client va rencontrer, en tenue de travail, devant leur lieu. Pas de costume si vous n’en portez jamais.
  • Le lieu : la devanture, la salle, l’atelier, le cabinet. Ce que le client verra en arrivant.
  • Le geste : les mains qui travaillent, l’outil en action, le plat qui se dresse. La preuve de compétence la plus directe.
  • L’avant / après : une salle de bain, un jardin, une façade, avant et après. Deux photos, même cadrage si possible.
  • Le matériel : le camion floqué, la machine, l’équipement particulier. Il dit « nous sommes équipés » sans une ligne de texte.

Ce que le visiteur ne cherche pas : une poignée de main sur fond blanc, un graphique qui monte, une famille qui rit dans une cuisine trop propre. Ces images ne lui apprennent rien sur vous. C’est ce qu’on appelle ici le décor.

Trois métiers, trois listes de prises de vue#

Le principe est le même partout, le sujet change.

Métier Utile (à faire en priorité) Décor (à éviter)
Restaurant, commerce de bouche La salle à l’heure du service, trois plats emblématiques en lumière du jour, le chef ou l’équipe en cuisine, la devanture, la vitrine du matin Assiettes de banque d’images, plats retouchés jusqu’à l’irréel, vidéo « ambiance » avec musique libre de droits
Immobilier, services Le conseiller devant l’agence, l’intérieur de l’agence, un bien réel en cours de vente (avec accord du vendeur), le quartier Clés tendues sur fond flou, maquette de maison sur des billets, couple souriant devant une maison américaine
Artisan du bâtiment L’artisan sur chantier, le geste (pose, soudure, finition), l’avant / après, le camion et l’outillage, l’atelier Casque blanc de catalogue, plan déroulé sur une table, maison neuve sous ciel bleu, poignée de main

Pour un restaurant, photographiez avant le service, quand la lumière entre et que la salle est prête et vide : l’éclairage artificiel du soir jaunit tout. Si votre activité est de ce côté, la page dédiée aux restaurants et commerces de bouche détaille ce qu’un site doit montrer pour donner envie de réserver.

Pour l’immobilier, la photo du bien sert la vente du bien ; celle qui sert votre site, c’est l’agence et les personnes. Un visiteur choisit une agence, pas une maison.

Pour l’artisan, la série avant / après est la plus forte : une page par type de chantier, deux à quatre paires d’images, une légende d’une ligne (lieu approximatif, nature des travaux, durée). C’est l’une des pages qui comptent parmi les six pages utiles d’un site de TPE.

Avec quel matériel, et comment#

Le matériel n’est plus le sujet. Un smartphone de ces trois ou quatre dernières années suffit pour un site et pour une fiche d’établissement Google. Ce qui fait la différence, c’est la lumière et le rangement.

  1. Lumière naturelle, toujours. Volets ouverts, néons éteints, en journée. Évitez le plein soleil de midi ; la fin de matinée donne des ombres douces.
  2. Rangez avant. Un établi encombré dit le contraire de ce que vous voulez dire. Dix minutes de rangement valent un objectif à mille euros.
  3. Pas de zoom numérique. Rapprochez-vous.
  4. Tenez le téléphone droit. Murs et portes doivent rester verticaux. Activez la grille dans les réglages.
  5. Prenez dix fois plus que nécessaire. Un plan large du lieu, un plan moyen de la personne, un plan serré du geste.
  6. Pas de filtre. Pour la fiche d’établissement, Google demande des images nettes et bien éclairées, sans retouche importante ni filtre excessif. La même règle vaut pour le site.

Côté format : pour le site, un fichier de 1 600 à 2 000 pixels de large, compressé en JPEG ou WebP, pèse quelques centaines de kilo-octets et se charge vite. Pour la fiche Google, l’aide officielle indique des fichiers JPG ou PNG entre 10 Ko et 5 Mo, une résolution recommandée de 720 × 720 pixels, un minimum de 250 × 250. Gardez les originaux en pleine résolution dans un dossier à vous : le prestataire change, les photos restent.

Pour la vidéo, restez modeste : vingt secondes à la verticale, sans musique, qui montrent le lieu ou le geste, font plus que trois minutes de drone. La fiche Google accepte des vidéos de 30 secondes au maximum, en 720p minimum, jusqu’à 75 Mo. Si c’est trop long pour la fiche, c’est trop long pour le site.

Pourquoi les images de banque nuisent, au-delà du goût#

L’argument n’est pas esthétique. Il tient en trois points.

D’abord, elles ne prouvent rien : le visiteur cherche un indice que vous existez et que vous faites ce que vous dites. Une photo générique n’en fournit aucun.

Ensuite, elles se répètent. Il suffit d’un visiteur qui a déjà vu « votre » électricien souriant sur un autre site pour que la confiance retombe.

Enfin, elles n’aident pas au référencement. La documentation Google Search Central recommande d’éviter les images génériques (par exemple le logo du site) et de placer les images à proximité du texte qui les concerne, sur des pages dont le contenu coïncide avec ce qu’elles représentent. Votre photo de salle de bain rénovée, sur votre page « rénovation de salle de bain », avec une légende, est cohérente. Une photo de catalogue ne l’est jamais.

Reste un usage acceptable : l’illustration d’un article de blog quand le sujet n’est pas photographiable. Sur les pages qui vendent (accueil, prestations, réalisations, à propos), c’est du réel ou rien.

Ce que Google recommande pour les photos d’un site internet d’entreprise#

Google Search Central consacre une page aux bonnes pratiques d’images. En voici l’essentiel, traduit en actions.

Recommandation Google Ce que ça veut dire pour vous
Utiliser des éléments d’image HTML standards Les photos doivent être de vraies images dans la page, pas des fonds décoratifs invisibles pour les moteurs
Rédiger un texte alternatif (alt) utile et informatif, sans bourrage de mots-clés Décrire ce qu’on voit : « Pose de carrelage dans une salle de bain à Nantes », pas « carrelage carreleur Nantes pas cher »
Utiliser des noms de fichiers descriptifs « atelier-menuiserie-lyon.jpg » plutôt que « IMG_0023.JPG »
Placer les images près du texte qui les concerne Chaque photo va sur la page qui parle du sujet, avec une légende
Éviter les images génériques Pas de logo ni d’illustration de banque comme image principale
Optimiser la vitesse de chargement, images nettes Compresser sans détruire, formats JPEG, PNG, WebP, SVG ou AVIF acceptés

La balise alt est un texte invisible à l’écran qui décrit l’image pour les lecteurs d’écran et les moteurs. Google indique qu’il utilise aussi le contenu de la page, les légendes et le titre pour comprendre une image : c’est la cohérence entre l’image, sa légende et le texte autour qui compte.

Ces mêmes photos servent la fiche d’établissement ; l’article sur la fiche Google Business Profile explique quelles images y ajouter et dans quel ordre.

Le droit à l’image : ce qui est permis, ce qui ne l’est pas#

Le point le plus négligé par les petites entreprises. Trois situations.

Les personnes

Publier l’image d’une personne reconnaissable suppose son accord, y compris dans un lieu public si elle y est isolée et reconnaissable. La fiche « Droit à l’image » de service-public.gouv.fr précise que pour une diffusion publique ou commerciale (site internet, réseaux sociaux, presse), un accord écrit est nécessaire, et qu’il doit être précis : support, but, durée. Une réutilisation dans un autre cadre demande un nouveau consentement.

  • Vos salariés : accord écrit individuel, même s’ils posent volontiers. Ne considérez pas le contrat de travail comme une autorisation : la fiche exige un accord écrit précis pour toute diffusion. Si la personne part et le demande, la photo est retirée.
  • Vos clients : jamais sans accord écrit. Un client en salle, un patient en salle d’attente, un acheteur devant sa maison : tous protégés.
  • Les mineurs : accord écrit des parents, sans exception.
  • Les groupes dans un lieu public : la fiche indique que le consentement n’est pas exigé pour une image de groupe ou de foule prise dans un lieu public à des fins d’information. Cela ne couvre pas la photo d’ambiance commerciale où l’on distingue les visages : floutez, ou cadrez autrement.

Les sanctions existent : la même fiche rappelle que photographier une personne dans un lieu privé sans son consentement, comme diffuser une image sans autorisation, sont des délits punis d’emprisonnement et d’amende (articles 226-1 et suivants du Code pénal).

Le chantier chez un client

La fiche officielle traite des personnes, pas des biens. Pour un intérieur privé, une façade, un jardin, le bon réflexe est contractuel : demandez l’accord écrit du client avant de publier. Une ligne dans le devis suffit : « J’autorise / Je n’autorise pas l’entreprise à utiliser des photos des travaux réalisés, sans mention d’adresse ni de nom, sur son site internet et ses supports de communication. » Une case, une signature, et le sujet est réglé.

Trois règles de prudence : pas de numéro de rue visible, pas d’objet personnel identifiable (photos de famille, courrier), pas de personne dans le cadre. Le sujet, c’est votre travail.

Les photos d’un photographe

Les photos que vous prenez vous appartiennent. Celles d’un photographe lui appartiennent, sauf cession écrite des droits : vérifiez sur son devis qu’elle couvre le site, les réseaux sociaux et l’imprimé, sans limite de durée. Gardez les originaux chez vous : ce qui a de la valeur doit rester à votre nom. C’est aussi la façon dont un dispositif marketing devrait être installé et opéré : le prestataire travaille, vous possédez.

Une matinée suffit pour l’essentiel : devanture, intérieur, équipe, deux ou trois gestes, matériel. Puis remplacez, page par page, chaque image de banque par une image à vous. Une photo simple mais vraie fait toujours mieux qu’une photo parfaite qui ne prouve rien.

Pour savoir quelles images manquent à votre site et à votre fiche Google, et dans quel ordre les produire : demandez votre audit gratuit.

Sources

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Pour aller plus loin : notre méthode, étape par étape.