Dans cet article
- Où en est Solocal en 2026 : ce que l’entreprise publie elle-même
- Ce que dit Solocal sur la résiliation
- Les six questions à poser à votre contrat
- Vos droits réels de professionnel : soyons précis
- Rester, partir, ou faire autrement : la grille
- Quand rester est un choix défendable
- Ce que vous pouvez faire ce soir
- En résumé
Vous recevez un courrier de renouvellement, ou un commercial vous rappelle. Vous payez depuis des années, vous n’êtes plus très sûr de ce que ça vous rapporte, et vous vous demandez s’il faut continuer.
Cet article ne vous dira pas que PagesJaunes « c’est nul ». Ce serait facile, et inutile. Il vous donne une méthode : six questions à poser à votre contrat, plus l’état exact de vos droits en tant que professionnel. À la fin, vous déciderez vous-même, avec des éléments vérifiables plutôt qu’avec l’humeur du moment.
Un point de méthode : nous citons ici uniquement des documents publiés : les communiqués financiers de Solocal, ses pages d’assistance, ses conditions générales, et des textes de loi. Les témoignages négatifs circulant en ligne ne sont pas repris : ce sont des ressentis individuels, pas des faits établis, et ils ne vous aident pas à décider.
Où en est Solocal en 2026 : ce que l’entreprise publie elle-même#
Solocal est une société cotée. Elle publie donc ses chiffres, ce qui évite les spéculations.
Dans son communiqué de résultats annuels 2025 :
- Chiffre d’affaires 2025 : 324,5 M€, en recul de 3 % sur un an
- Nombre de clients : 195 000, contre 227 000 un an plus tôt
- Taux d’attrition (churn) : 21 %, décrit comme stable
- Revenu moyen par client : environ 1 550 € par an
- EBITDA de 60,0 M€, en hausse de 41 %, et trésorerie nette positive
Au premier trimestre 2026, le chiffre d’affaires s’établit à 74,0 M€, en baisse de 10,7 % sur un an, avec un recul sur les trois segments : présence digitale (-14 %), publicité (-8 %), sites internet (-15 %). L’entreprise a signé en avril 2026 un accord en vue d’acquérir Artur’In, sous conditions suspensives, et vise un retour à la croissance au quatrième trimestre 2026.
Comment lire ces chiffres. Solocal perd des clients mais facture davantage à ceux qui restent : le revenu moyen par compte est passé d’environ 1 420 € à 1 550 € par an. Ce n’est ni bien ni mal en soi, c’est un modèle. Mais si vous êtes client, cela signifie que la pression commerciale sur le renouvellement et l’élargissement de votre abonnement a des chances d’augmenter, pas de diminuer.
Un chiffre mérite votre attention particulière. Solocal indique que son carnet de commandes de 259,2 M€ se convertira à hauteur d’environ 58 % en 2026, 22 % en 2027 et 20 % au-delà. Autrement dit, plus de quatre dixièmes des commandes déjà signées produiront du chiffre d’affaires après l’année en cours. C’est la trace comptable, publiée par l’entreprise elle-même, de contrats qui courent sur plusieurs exercices. Cela ne dit rien de la durée du vôtre. Mais cela vous dit que les engagements pluriannuels existent bel et bien dans ce modèle.
Ce que dit Solocal sur la résiliation#
Sa page d’assistance officielle est plus instructive qu’il n’y paraît. Elle indique que la demande doit passer par le formulaire de contact dans l’espace Solocal Manager, et surtout deux choses :
« vérifiez bien le délai de préavis de résiliation lié à votre offre »
« Si votre demande arrive trop tard, votre contrat sera automatiquement renouvelé »
Deux enseignements. D’abord, le préavis dépend de l’offre : il n’existe pas de règle unique, et personne ne peut vous dire à distance quel est le vôtre. Ensuite, le renouvellement est automatique en cas de retard. La date compte donc autant que la décision.
L’entreprise renvoie vers les conditions générales annexées à votre bon de commande, consultables dans Solocal Manager, rubrique « Mes bons de commande ». C’est là que se trouve votre réponse, et nulle part ailleurs.
Un exemple de conditions générales publiées par l’entreprise en 2019, pour une offre de mini-site, illustre à quel point les termes varient selon les produits : ce contrat-là était sans engagement de durée et résiliable à tout moment, mais prévoyait que le prestataire restait titulaire des droits de propriété intellectuelle sur le mini-site et qu’il choisissait librement le nom de domaine, sans dépôt de domaine personnalisé pour le client. Les obligations y étaient des obligations de moyens, pas de résultat. Ne transposez pas ces clauses à votre situation : elles montrent seulement que la durée, la propriété et le domaine sont trois sujets distincts, à vérifier séparément.
Les six questions à poser à votre contrat#
Sortez votre bon de commande et vos conditions générales. Comptez vingt minutes.
1. Quelle est la date d’échéance exacte ? Pas « dans un an environ ». La date. C’est elle qui commande tout le reste.
2. Quel est le délai de préavis, et à partir de quand court-il ? Un préavis de trois mois avant une échéance d’octobre signifie que votre décision se prend en juin. Notez la date limite dans votre agenda aujourd’hui, même si vous n’avez pas encore décidé.
3. Par quel canal la résiliation est-elle valable ? Formulaire en ligne, e-mail, lettre recommandée ? Utilisez le canal prévu au contrat et conservez une preuve d’envoi datée. C’est le point qui fait basculer la plupart des litiges.
4. Que se passe-t-il si je laisse passer la date ? Reconduction pour quelle durée ? Aux mêmes conditions tarifaires ?
5. Qui possède le site et le nom de domaine ?
Cherchez la clause de propriété intellectuelle. Puis vérifiez par vous-même : un whois sur votre nom de domaine indique le titulaire déclaré. Si ce n’est pas votre entreprise, vous ne partirez pas avec votre adresse, et les clients qui la connaissent ne vous retrouveront pas.
6. Sur quoi porte exactement l’engagement ? Cherchez les mots « moyens » et « résultat ». Une obligation de moyens engage à faire le travail, pas à produire un nombre de demandes. C’est juridiquement normal et fréquent dans tout le secteur, mais autant le savoir avant, pas après.
Vos droits réels de professionnel : soyons précis#
C’est là que circulent le plus d’idées fausses. Deux textes, deux réponses différentes.
La loi Chatel ne vous protège probablement pas
L’article L215-1 du code de la consommation impose au prestataire d’informer son client, entre trois mois et un mois avant l’échéance, de sa faculté de ne pas reconduire. À défaut, le client peut résilier gratuitement à tout moment.
Mais ce texte vise les consommateurs, et par extension certains non-professionnels. L’Institut national de la consommation précise que ne peuvent pas s’en prévaloir les sociétés commerciales (même lorsque le service est accessoire à leur activité principale) ni les artisans et indépendants pour les contrats liés à leur activité.
En clair : si vous avez signé au nom de votre entreprise, pour votre entreprise, ne comptez pas sur la loi Chatel. Votre contrat s’applique.
Le droit de rétractation de 14 jours, lui, est parfois ouvert
L’article L221-3 du même code étend le droit de rétractation de quatorze jours à certains professionnels. Les conditions sont cumulatives, les trois doivent être réunies :
- l’entreprise emploie cinq salariés au maximum ;
- l’objet du contrat n’entre pas dans le champ de son activité principale ;
- le contrat a été conclu hors établissement, typiquement lors d’une visite commerciale dans vos locaux ou après un démarchage personnalisé.
La DGCCRF précise que les ventes en ligne, par téléphone et sur les foires ou salons sont exclues de ce dispositif.
La deuxième condition est la plus discutée. La Cour de cassation a validé qu’un tribunal puisse juger qu’un contrat d’insertion publicitaire n’entrait pas dans le champ de l’activité principale d’un professionnel (Cass. 1re civ., 27 nov. 2019, n° 18-22525), tout en rappelant qu’il s’agit du pouvoir souverain d’appréciation des juges du fond. Traduction : ce n’est pas acquis d’avance, cela s’apprécie au cas par cas.
Ce n’est pas un conseil juridique. Si votre situation coche les trois cases et que le délai n’est pas écoulé, faites vérifier le dossier par un avocat ou par une permanence juridique. Votre assurance professionnelle en inclut parfois une.
Rester, partir, ou faire autrement : la grille#
| Critère | Abonnement annuaire / régie locale | Faire soi-même | Prestataire externe sans engagement |
|---|---|---|---|
| Coût observé | ~1 550 €/an de revenu moyen par client publié par Solocal | 0 à ~150 €/mois d’outils | Fourchette large : 290 à 690 €/mois hors média chez un opérateur packagé, 1 500 à 3 500 € en agence classique |
| Engagement | Variable selon l’offre, à vérifier au contrat | Aucun | À vérifier ; certains acteurs, dont nous, ne pratiquent pas d’engagement de durée |
| Budget publicitaire | Souvent non ventilé sur la facture | Payé en direct par vous | À exiger : payé en direct sur votre compte |
| Propriété du site | À vérifier, parfois conservée par le prestataire | Vous | À exiger par écrit |
| Temps que ça vous coûte | Faible | Élevé et récurrent | Faible |
| Visibilité de ce qui est fait | Reporting fourni par le prestataire | Totale | Variable, demandez un exemple avant de signer |
Les fourchettes de cette grille sont des ordres de grandeur de marché, pas des tarifs. Faites-vous établir des devis.
Quand rester est un choix défendable#
Par honnêteté, trois cas où résilier serait une mauvaise idée :
- Vous ne savez pas encore qui possède votre nom de domaine. Partir avant d’avoir réglé cette question, c’est risquer de perdre une adresse que vos clients connaissent. Réglez le domaine d’abord, décidez ensuite.
- Vous n’avez rien pour prendre le relais. Résilier sans avoir préparé la suite crée un trou de visibilité. Montez votre fiche Google et votre solution de remplacement, puis résiliez.
- Ça marche chez vous. Si vous recevez des demandes attribuables et que le coût par demande vous convient, aucune raison de bouger. Vérifiez-le en regardant d’où viennent réellement vos appels sur les trois derniers mois.
Ce que vous pouvez faire ce soir#
- Ouvrez Solocal Manager, rubrique « Mes bons de commande », et téléchargez vos conditions générales.
- Notez la date d’échéance et la date limite de préavis dans votre agenda, avec un rappel deux semaines avant.
- Faites un
whoissur votre nom de domaine et notez le titulaire. - Revendiquez et complétez votre fiche d’établissement Google : c’est gratuit, et c’est votre filet de sécurité quoi qu’il arrive.
- Sur les trois derniers mois, demandez à chaque nouveau client comment il vous a trouvé. Trente secondes par appel, une réponse solide au bout d’un trimestre.
- Si vous résiliez : envoyez par le canal prévu, gardez la preuve, et confirmez par lettre recommandée si un doute subsiste.
En résumé#
La vraie question n’est pas « PagesJaunes, pour ou contre ». C’est : est-ce que je sais ce que je paie, ce que je reçois, et ce que je possède ? Si vous pouvez répondre aux trois, votre décision est simple. Si vous ne le pouvez pas, le problème est la lisibilité du contrat, pas son prix.
C’est exactement la raison pour laquelle nous facturons la prestation d’un côté, laissons le budget publicitaire être payé en direct sur votre propre compte, ne prenons pas d’engagement de durée et vous laissons propriétaire de votre site. Nous disons à qui cette approche convient, et à qui elle ne convient pas, sans détour.
Pour y voir clair sur votre situation actuelle : demandez un audit gratuit de votre visibilité.
Sources
- Solocal — Résultats annuels 2025, communiqué de presse (février 2026)
- Solocal — Activité du premier trimestre 2026
- Solocal — Assistance officielle : « Résilier mon contrat Solocal »
- Solocal — Conditions générales de prestations de services (version publiée 2019)
- Institut national de la consommation — Reconduction tacite du contrat (art. L215-1 et suivants)
- DGCCRF — Petits professionnels : vous avez 14 jours pour vous rétracter en cas de contrat conclu hors établissement
- Actu-Juridique — Application entre professionnels des règles relatives aux contrats hors établissement (Cass. 1re civ., 27 nov. 2019, n° 18-22525)
- Légifrance — Article L221-3 du code de la consommation
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