Dans cet article
Vous avez reçu trois propositions pour votre visibilité en ligne. Une agence à 1 800 € par mois, un freelance à 600 € pour le site puis 300 € par mois, une plateforme à 149 € par mois sur vingt-quatre mois avec « publicité incluse ». Les trois promettent des clients. Vous ne savez pas les comparer, parce qu’ils ne vendent pas la même chose, et que leurs discours se ressemblent.
Le bon angle n’est pas leur discours. C’est leur logique économique : ce qui les fait vivre, et donc ce qui oriente leurs décisions quand vos intérêts et les leurs divergent. Une agence vend des heures. Un freelance vend son temps, qui est limité. Une plateforme vend un abonnement avec engagement, souvent assorti d’une commission sur la publicité. Une régie vend des clics. Vu ainsi, le choix entre agence ou freelance marketing pour une TPE, ou entre plateforme et régie, devient lisible.
Ce que vend une agence : des heures#
Une agence est une structure salariée. Son chiffre d’affaires est la somme des heures qu’elle facture, au temps passé ou via un forfait dimensionné sur un temps estimé. Sa marge dépend du taux d’occupation de ses équipes.
À qui ça convient. Aux entreprises qui ont un besoin large et continu, plusieurs canaux à coordonner, et un budget qui absorbe des honoraires couramment observés entre 1 500 et 3 500 € par mois pour une petite structure, hors budget publicitaire. En dessous, vous êtes le petit compte, servi par le profil le plus junior.
Coût d’entrée. Souvent un forfait de lancement (audit, stratégie, création) puis une mensualité. Un engagement de six à douze mois est fréquent, parce que le lancement est déficitaire pour l’agence.
Qui possède quoi. Variable. Une bonne agence met le site, le domaine et les comptes publicitaires à votre nom. Certaines gardent l’hébergement ou le compte Google Ads sous leur propre compte. Google est clair : dans son guide pour les annonceurs qui travaillent avec un tiers, l’agence « doit configurer un compte Google Ads distinct pour vous ». Ce point se négocie avant la signature.
Comment on en sort. Par le préavis prévu au contrat, souvent un à trois mois. La restitution des fichiers et des accès doit y figurer, sinon elle dépend de la bonne volonté.
La divergence d’intérêts à connaître. L’agence gagne quand il y a du travail à facturer. Elle tend donc à proposer davantage de livrables, pas moins. Ce n’est pas malhonnête, c’est son modèle.
Ce que vend un freelance : son temps, qui est limité#
L’indépendant vend ses heures, sans structure à financer. Son plafond est physique : pas plus de clients que ses journées le permettent.
À qui ça convient. Aux missions délimitées, où une compétence précise fait la différence : construire un site, écrire les pages, monter une campagne, produire des photos. Un bon freelance spécialisé est souvent meilleur qu’une agence généraliste sur son domaine, pour moins cher.
Coût d’entrée. Un devis à la mission, avec acompte. Rarement d’engagement de durée. Les tarifs varient beaucoup selon la spécialité ; comparez plusieurs devis pour le même cahier des charges.
Qui possède quoi. En général vous, parce que le freelance n’a pas d’intérêt à héberger vos actifs. Mais la cession des droits d’auteur sur les textes et les visuels n’est pas automatique : elle doit être écrite. Demandez la clause.
Comment on en sort. À la fin de la mission. Le risque n’est pas la sortie, c’est la continuité : maladie, changement d’activité, agenda saturé. Exigez dès le départ les accès et les fichiers sources.
La divergence d’intérêts à connaître. Agenda plein, pas de temps pour votre urgence. Agenda vide, intérêt à allonger la mission.
Ce que vend une plateforme ou un annuaire : un abonnement avec engagement#
La plateforme (annuaire, « visibilité tout compris », site loué) vend un service standardisé par abonnement, presque toujours avec une durée minimale de douze à vingt-quatre mois. Quand l’offre inclut de la publicité, elle achète l’espace pour vous et se rémunère sur l’écart entre ce que vous payez et ce qu’elle dépense réellement, ou par une commission.
À qui ça convient. Aux entreprises qui veulent une présence minimale sans s’en occuper, et qui acceptent de ne pas posséder l’outil, en ayant compris le prix total.
Coût d’entrée. Une mensualité modeste, qui n’est pas le prix. Le prix, c’est la mensualité multipliée par la durée d’engagement : 149 € sur vingt-quatre mois, c’est 3 576 € HT.
Qui possède quoi. Rarement vous. Le site est souvent loué : il disparaît avec l’abonnement. Le domaine est parfois enregistré au nom de la plateforme. Le budget publicitaire transite par elle, sur un compte dont vous ne voyez pas le détail. Nous avons détaillé ce mécanisme dans pourquoi il ne faut jamais louer son site et dans les six questions à poser avant de payer un annuaire.
Comment on en sort. À l’échéance, avec un préavis à respecter, faute de quoi le contrat se reconduit. Point juridique important : la protection contre la reconduction tacite du code de la consommation (information écrite entre trois mois et un mois avant la date limite, résiliation gratuite si elle manque) concerne le consommateur, et par extension le non-professionnel. Une entreprise qui signe pour son activité n’en bénéficie pas : ce sont les clauses du contrat qui s’appliquent, telles qu’écrites. Lisez la durée, le préavis et le mode de reconduction avant de signer.
La divergence d’intérêts à connaître. La plateforme gagne quand vous restez, pas quand vous obtenez des résultats.
Ce que vend une régie : des clics#
Google Ads, Meta Ads, et toute plateforme publicitaire, vendent de l’espace aux enchères. Sur le réseau de recherche de Google, vous fixez un coût par clic maximal et payez un « CPC réel » à chaque clic, généralement inférieur à votre enchère. La régie ne vend pas de clients : elle vend des visites, et c’est votre site, votre offre et votre réactivité qui les transforment ou non en demandes.
À qui ça convient. À ceux qui savent déjà quoi dire à qui, ont une page qui convertit, et suivent les résultats. Nous avons décrit les bases dans publicité Google pour une petite entreprise : par où commencer.
Coût d’entrée. Aucun engagement. Vous ouvrez un compte, fixez un budget quotidien, et coupez quand vous voulez. Le coût réel dépend de la concurrence sur vos mots-clés.
Qui possède quoi. Vous, si le compte est à votre nom. Tout l’historique (ce qui a marché, les audiences constituées) est un actif qui reste dans le compte. D’où l’importance du titulaire.
Comment on en sort. Immédiatement, en mettant les campagnes en pause. C’est le modèle le plus souple, et celui où la dépense file le plus vite sans surveillance.
La divergence d’intérêts à connaître. La régie gagne à chaque clic, qu’il donne un client ou non. Ses recommandations automatiques poussent vers plus de dépense.
Le tableau comparatif#
| Agence | Freelance | Plateforme / annuaire | Régie publicitaire | |
|---|---|---|---|---|
| Ce qu’elle vend | Des heures d’équipe | Le temps d’une personne | Un abonnement standardisé, souvent avec marge sur le média | Des clics aux enchères |
| Convient à | Besoin large et continu, budget confortable | Mission délimitée, compétence précise | Présence minimale sans s’en occuper | Qui sait déjà quoi dire, à qui, avec une page qui convertit |
| Coût d’entrée observé | Lancement + 1 500 à 3 500 €/mois hors média | Devis à la mission, acompte | Mensualité faible x 12 à 24 mois | Aucun ; budget quotidien libre |
| Engagement | 6 à 12 mois fréquent | Rare | 12 à 24 mois, reconduction tacite | Aucun |
| Site et domaine | À négocier, souvent à vous | Généralement à vous, cession à écrire | Souvent loués, domaine parfois au nom de la plateforme | Sans objet |
| Comptes publicitaires | À exiger à votre nom | À votre nom | Sur le compte de la plateforme, détail rarement visible | À votre nom |
| Sortie | Préavis 1 à 3 mois, restitution à prévoir au contrat | Fin de mission | À l’échéance, préavis strict, clauses du contrat | Immédiate |
| Intérêt qui peut diverger du vôtre | Facturer plus de livrables | Allonger ou saturer | Vous garder engagé | Vous faire dépenser plus |
Les fourchettes de prix sont des ordres de grandeur observés, pas des statistiques. Faites établir des devis. Pour la décomposition d’un budget poste par poste, voir combien coûte le marketing digital d’une TPE.
Une cinquième ligne : le service opéré à forfait#
Il existe un modèle intermédiaire, que nous pratiquons et qu’il est juste de passer à la même grille. Le service opéré à forfait vend un résultat défini (site en ligne, fiche Google tenue, campagnes gérées, relances, suivi mensuel) pour un prix fixe, en automatisant la production et en gardant un humain aux points sensibles. Dans notre cas : de 290 à 690 € HT par mois, hors budget publicitaire, sans engagement.
- Ce qu’il vend : un périmètre défini à prix fixe, pas des heures. Le forfait ne monte pas si le travail prend plus de temps ; il est cadré par ce qui est inclus ou non.
- Coût d’entrée : la première mensualité, sans frais de lancement dans notre grille. D’autres services opérés facturent une mise en place.
- Qui possède quoi : site et domaine au nom du client, budget publicitaire payé directement par le client sur ses propres comptes. Vérifiable dans le whois et dans le titulaire du compte publicitaire.
- Comment on en sort : à tout moment, sans durée minimale ; accès et fichiers restitués.
- La divergence d’intérêts : un service sans engagement ne gagne que si le client reste par choix. Sa limite est ailleurs : un périmètre standardisé ne convient pas à un besoin très spécifique ou à une création sur mesure. Nous listons ces cas sur la page à qui ça s’adresse.
Ce modèle n’est pas supérieur aux quatre autres. Il répond à une situation précise : une petite entreprise qui veut un dispositif complet sans le piloter, ne peut pas payer une agence, et refuse de s’engager sur deux ans. Hors de ce cas, l’un des quatre autres modèles est probablement plus adapté.
Comment trancher en trois questions#
Mon besoin est-il ponctuel ou continu ? Ponctuel, regardez d’abord un freelance. Continu, regardez agence, service opéré ou plateforme selon votre budget.
Que se passe-t-il le jour où j’arrête ? Faites-vous décrire par écrit ce que vous gardez (domaine, site, comptes, historique) et sous quel délai. Cette réponse classe les offres plus sûrement que le prix. Notre grille de douze questions à poser avant de signer sert à cela.
Quel est le prix total sur la durée d’engagement ? Mensualité multipliée par durée minimale, plus budget publicitaire, plus options. Comparez ce total, jamais la mensualité affichée.
Le modèle économique d’un prestataire n’est ni bon ni mauvais. Il indique dans quel sens il penchera quand il devra choisir entre son intérêt et le vôtre. Nos propres forfaits sont détaillés sur la page tarifs, avec ce qui est inclus et ce qui ne l’est pas.
Pour savoir quel modèle correspond à votre situation avant de comparer des devis : demandez votre audit gratuit.
Sources
- Google Ads — Guide de l’annonceur : collaboration avec des tiers (compte Google Ads distinct au nom de l’annonceur, droit de connaître clics, impressions et coûts, aucune position garantie)
- Google Ads — Définir des enchères et des budgets (enchère au CPC maximale et CPC réel payé à chaque clic)
- Service-Public — Peut-on résilier un contrat de prestation de services à tacite reconduction ? (information du consommateur entre trois mois et un mois avant la date limite, résiliation gratuite à défaut)
- DGCCRF — Le contrat : un accord entre des parties bien informées au préalable (règles du code de la consommation applicables aux contrats entre professionnels et consommateurs, dont la reconduction tacite)
- Institut national de la consommation — Reconduction tacite du contrat (articles L215-1 et L215-3 du code de la consommation ; extension aux non-professionnels, exclusion des activités commerciales)
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Demander l’auditPour aller plus loin : nos forfaits et ce qu’ils couvrent.