Dans cet article
  1. Thème 1 : Ce qui vous appartient
  2. Thème 2 : L’argent
  3. Thème 3 : L’engagement et la sortie
  4. Thème 4 : Le travail réel et sa mesure
  5. La grille à emporter
  6. Comment mener l’entretien
  7. Trois réponses qui devraient vous rassurer

Cet article ne cherche pas à vous convaincre de travailler avec nous. Il est conçu pour vous servir même si vous choisissez quelqu’un d’autre, y compris un concurrent direct.

La raison est simple. Le principal problème du marché du marketing pour petites entreprises n’est pas le prix. C’est l’asymétrie : le prestataire connaît les règles du jeu, le dirigeant non. Un dirigeant équipé de bonnes questions choisit mieux, quel que soit son choix final. Et un prestataire qui répond mal à ces questions mérite d’être écarté, y compris s’il s’agit de nous.

Voici donc la grille. Douze questions, quatre thèmes, une réponse attendue et un signal d’alarme pour chacune. Imprimez-la et emportez-la au rendez-vous.

Thème 1 : Ce qui vous appartient#

C’est le bloc le plus important, et le plus souvent survolé. Ce sont vos actifs : ils survivent au contrat, ou ils disparaissent avec lui.

1. Qui sera titulaire du nom de domaine ?

Le titulaire est la personne ou la société officiellement enregistrée comme détentrice du domaine. C’est elle qui décide, pas celle qui paie la facture.

Réponse attendue : « Votre société, avec vos coordonnées, et vous aurez accès au compte du bureau d’enregistrement. » Signal d’alarme : « On s’occupe de tout », « c’est inclus », ou une réponse floue. Nous détaillons la vérification à faire vous-même dans pourquoi il ne faut jamais louer son site.

2. Qui est propriétaire du site et de ses contenus ?

Un site produit pour vous ne vous appartient pas automatiquement. En droit français, une cession de droits d’auteur doit être écrite et détailler chaque droit cédé, son étendue, sa destination, le lieu et la durée. Autrement dit : sans clause, pas de cession.

Réponse attendue : une clause de cession explicite dans le contrat, couvrant les textes, les photos produites et les visuels. Signal d’alarme : « Le site reste notre propriété intellectuelle », ou aucune clause du tout.

3. Que puis-je récupérer si j’arrête, et sous quel délai ?

Réponse attendue : une liste concrète (code de transfert du domaine, sauvegarde complète des fichiers et de la base, contenus d’origine en haute définition, exports de données), avec un délai chiffré. Signal d’alarme : « Ce n’est pas prévu par la plateforme. » Cette phrase vous renseigne sur la nature du contrat, pas sur une limite technique.

Thème 2 : L’argent#

4. Qui paie le budget publicitaire, et sur quel compte ?

C’est la question qui sépare le plus nettement les modèles. Google publie un guide à destination des annonceurs travaillant avec un tiers : il y indique que l’agence doit configurer un compte Google Ads distinct à votre nom, et met en garde contre les partenaires qui ne communiquent ni le coût ni les performances des campagnes.

Réponse attendue : un compte publicitaire à votre nom, votre moyen de paiement, honoraires facturés séparément. Signal d’alarme : une facture unique « tout compris » sans ventilation entre achat d’espace et prestation.

5. Comment sont facturés les honoraires : montant fixe, pourcentage, ou les deux ?

Réponse attendue : un montant clair, et si un pourcentage du budget média s’ajoute, son taux annoncé d’emblée. Signal d’alarme : un pourcentage non chiffré. Il crée un intérêt à vous faire dépenser davantage, ce qui n’est pas illégitime mais doit être su.

6. Que comprend exactement le prix, et qu’est-ce qui sera facturé en plus ?

Réponse attendue : une liste de ce qui est inclus et une liste de ce qui ne l’est pas : photos, rédaction supplémentaire, refonte, hébergement, module de réservation. Signal d’alarme : un devis d’une seule ligne. Nous avons décomposé les postes réels d’un budget dans combien coûte le marketing digital d’une TPE.

Pour situer, en toute transparence : nos propres forfaits vont de 290 à 690 € par mois hors budget média. C’est notre grille, pas une moyenne de marché. Une agence classique se situe couramment entre 1 500 et 3 500 € par mois. Dans les deux cas, faites établir des devis.

Thème 3 : L’engagement et la sortie#

7. Quelle est la durée d’engagement, et que se passe-t-il à l’échéance ?

Réponse attendue : une durée précise, un mode de reconduction explicite, et un préavis raisonnable. Signal d’alarme : un engagement de douze ou vingt-quatre mois présenté comme une évidence du secteur, ou une reconduction tacite dont la durée n’est pas dite. Attention : les protections du code de la consommation contre la reconduction tacite ne s’appliquent généralement pas aux contrats signés au nom d’une entreprise, comme nous l’expliquons dans notre article sur les contrats d’annuaire.

8. Comment se résilie le contrat, par quel canal et avec quel préavis ?

Réponse attendue : un canal écrit clairement identifié, un préavis chiffré, et une confirmation de réception. Signal d’alarme : « Il suffit d’appeler votre conseiller. » Une résiliation qui ne laisse pas de trace écrite datée est une résiliation fragile.

9. Que devient mon dispositif pendant le préavis ?

Réponse attendue : le service continue jusqu’au terme, et la restitution s’organise pendant cette période. Signal d’alarme : une coupure immédiate à la demande de résiliation. Vous payez alors un préavis pour rien, et vous perdez votre visibilité pendant la transition.

Thème 4 : Le travail réel et sa mesure#

10. Qui exécute concrètement le travail, et avec quels outils ?

Réponse attendue : une réponse directe. Interne, sous-traité, automatisé en partie : les trois sont acceptables. Ce qui compte, c’est de le savoir, et de savoir qui répond quand quelque chose casse. Signal d’alarme : l’évitement, ou une réponse qui change entre deux rendez-vous. Si des données personnelles de vos clients sont traitées, un contrat de sous-traitance écrit est par ailleurs exigé par le RGPD.

11. Comment les résultats sont-ils mesurés, et sur quelle source ?

Réponse attendue : des indicateurs qui correspondent à votre activité (appels reçus, demandes de devis, rendez-vous pris, commandes) et la possibilité de vérifier les chiffres dans les comptes d’origine. Signal d’alarme : un tableau de bord qui ne parle que d’impressions, de portée ou de « visibilité », sans jamais relier à une demande réelle. Ou un reporting maison impossible à recouper.

12. Que garantissez-vous exactement ?

Réponse attendue : une obligation de moyens décrite précisément : ce qui sera fait, à quelle fréquence, avec quel volume. Et une réponse honnête sur ce qui n’est pas garanti. Signal d’alarme : une position promise dans les résultats naturels, un nombre de demandes garanti, ou un délai de résultat annoncé au mois près. Google indique lui-même qu’il n’existe aucun moyen d’obtenir une meilleure place au classement local sur demande ou contre rémunération, et son guide recommande de refuser les garanties de position.

La grille à emporter#

# Question Signal d’alarme
1 Qui sera titulaire du domaine ? « On s’occupe de tout »
2 Qui possède le site et les contenus ? Aucune clause de cession
3 Que puis-je récupérer en partant ? « Ce n’est pas prévu »
4 Qui paie la publicité, sur quel compte ? Facture unique non ventilée
5 Comment sont calculés les honoraires ? Pourcentage non chiffré
6 Qu’est-ce qui sera facturé en plus ? Devis d’une seule ligne
7 Quelle durée d’engagement ? 12 à 24 mois « comme tout le monde »
8 Comment résilie-t-on ? Résiliation par téléphone uniquement
9 Que se passe-t-il pendant le préavis ? Coupure immédiate
10 Qui fait le travail ? Réponse évasive ou changeante
11 Comment mesure-t-on les résultats ? Impressions et portée uniquement
12 Que garantissez-vous ? Une position ou un volume promis

Comment mener l’entretien#

Trois règles pratiques, plus utiles que la grille elle-même.

Posez les questions à l’oral, notez les réponses, puis demandez qu’elles figurent au contrat. La phrase à retenir tient en huit mots : « Pouvez-vous me le mettre dans le devis ? » Un prestataire sérieux dit oui sans réfléchir.

Ne signez pas au premier rendez-vous. Aucune offre sérieuse ne disparaît en quarante-huit heures. Une remise valable « seulement aujourd’hui » est une technique de vente, pas une opportunité.

Faites relire le contrat. Un avocat, une chambre de métiers, un expert-comptable, ou simplement un confrère qui a déjà signé ce type de contrat. Une heure de relecture coûte moins cher que deux ans d’abonnement mal choisi.

Trois réponses qui devraient vous rassurer#

À l’inverse, voici ce que dit un prestataire avec qui les choses se passeront probablement bien :

  • Il vous dit ce qu’il ne fera pas, et à quel moment vous n’avez pas besoin de lui.
  • Il vous laisse propriétaire de ce qui a de la valeur, sans que vous ayez à le demander deux fois.
  • Il accepte que vous partiez sans pénalité, parce que son modèle repose sur le fait que vous restiez par choix.

C’est exactement la grille à laquelle nous nous soumettons : domaine et site à votre nom, budget publicitaire payé en direct sur votre propre compte, aucun engagement de durée, et une description honnête des cas où notre approche ne convient pas. Nous les listons sur la page à qui ça s’adresse.

Si un autre prestataire répond mieux que nous à ces douze questions, prenez-le. C’est le but de cet article.

Pour partir d’un état des lieux plutôt que d’une promesse : demandez votre audit gratuit.

Sources

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Pour aller plus loin : les métiers que nous accompagnons.