Dans cet article
  1. Ce que Google dit lui-même de ses appels
  2. Les scénarios que l’on rencontre le plus souvent
  3. Phrase entendue, ce qu’il faut comprendre
  4. Ce que dit la loi quand c’est votre entreprise qui est démarchée
  5. Où signaler
  6. Si vous avez signé ou payé : la marche à suivre
  7. La checklist : cinq questions à poser à tout démarcheur
  8. Notre position, pour être clair

Non, Google n’appelle pas pour vous vendre un référencement, ni pour « valider » votre fiche contre paiement. Sa page d’aide sur les appels frauduleux est explicite : Google ne passe pas d’appels commerciaux non sollicités depuis des systèmes automatisés, ne demande jamais d’informations de paiement par téléphone et ne garantit jamais un placement favorable. Si l’on vous annonce l’inverse, vous avez affaire à un démarcheur qui se sert du nom de Google.

Ce qui suit vous aide à reconnaître les scénarios les plus fréquents, à savoir ce que la loi prévoit réellement pour une entreprise démarchée, à signaler l’appel et à réagir si vous avez déjà signé ou payé.

Ce que Google dit lui-même de ses appels#

Google ne prétend pas ne jamais téléphoner. Sur sa page Se protéger contre les appels et les messages frauduleux, il décrit deux cas.

  • Les appels automatisés. Google peut appeler un établissement dont le numéro est public, par exemple pour vérifier ses informations sur Google Maps, ou au sujet de réservations, de prix et de disponibilités. Ces appels annoncent qu’ils viennent de Google et donnent leur objet. Google précise : « Vous ne serez jamais invité à vous inscrire à un service, à effectuer un paiement ni à fournir des informations personnelles. »
  • Les agents Google. Un conseiller peut vous appeler pour vous aider à gérer vos comptes. Mais, écrit Google, « nous ne vous demanderons jamais d’informations de paiement par téléphone ni ne vous garantirons un placement favorable ».

Sur le classement lui-même, Google est tout aussi net dans sa page Améliorer le classement local de votre établissement : « Il n’existe aucun moyen d’obtenir une meilleure place au classement local Google sur demande ou contre rémunération. » Le classement repose sur la pertinence, la distance et la notoriété de l’établissement (Google parle de « proéminence »). Nous détaillons ces trois critères dans notre article sur la fiche Google Business Profile.

Retenez la règle simple : un appel qui mêle le nom de Google et une demande d’argent n’est pas un appel de Google.

Les scénarios que l’on rencontre le plus souvent#

Les démarcheurs peu scrupuleux varient les formules, mais les ressorts se répètent.

La fiche « bientôt désactivée ». On vous annonce que votre fiche va être suspendue ou supprimée faute de « mise à jour », de « validation » ou de « certification ». La solution proposée est toujours payante. Or la validation d’une fiche se lance depuis votre propre compte, par les moyens que Google y propose, et Google précise qu’il ne demande aucun paiement par téléphone.

La « première position garantie ». On vous promet d’apparaître en tête sur Google Maps ou dans les résultats naturels, parfois « dans votre ville » ou « sur votre métier ». Comme on l’a vu, Google indique que cette place ne s’achète pas.

Le faux annuaire. La DGCCRF décrit, dans sa fiche sur les annuaires professionnels, une offre d’insertion publicitaire proposée par téléphone, souvent présentée comme une promotion exceptionnelle, suivie d’un bon de commande dont des clauses importantes sont absentes ou en petits caractères, ou encore des documents qui ressemblent à une facture ou à un document officiel. Une signature suffit ensuite à déclencher des factures, puis des relances.

Le contrat conclu au téléphone. On vous pose une série de questions anodines, puis on vous demande de confirmer « oui » à une offre, parfois en vous prévenant que l’appel est enregistré, ou on vous envoie un lien à signer « pendant que je vous ai en ligne ». Le réflexe à avoir : ne rien accepter oralement et exiger l’offre écrite complète avant toute décision.

Les avis clés en main. On vous propose d’acheter des avis positifs ou de faire disparaître des avis négatifs contre paiement. Les règles de Google interdisent de proposer un avantage (paiement, remise, produit ou service gratuit) en échange d’un avis, et Google peut supprimer ces contenus et restreindre les comptes concernés. Nous expliquons comment obtenir des avis sans enfreindre ces règles dans avis Google : comment en obtenir sans tricher.

La demande de code ou d’accès. On vous demande de lire à voix haute un code reçu par SMS ou par e-mail, ou d’ajouter une adresse inconnue comme gestionnaire de votre fiche. Un code de sécurité ne se communique à personne : il peut suffire à donner la main sur votre compte.

Phrase entendue, ce qu’il faut comprendre#

Phrase entendue Ce qu’il faut comprendre
« Je vous appelle de la part de Google » Google précise qu’il ne sollicite pas de paiement ni d’inscription à un service par téléphone. Demandez le nom de la société réelle.
« Votre fiche va être désactivée sous 48 heures » L’urgence sert à vous empêcher de vérifier. Connectez-vous vous-même à votre fiche.
« Nous vous garantissons la première place sur Google Maps » Google indique qu’aucune place au classement local ne s’obtient contre rémunération.
« Il suffit de dire oui, je vous envoie le contrat après » On vous demande de vous engager avant d’avoir lu. Exigez l’écrit d’abord.
« Pouvez-vous me lire le code que vous venez de recevoir ? » Ce code protège l’accès à votre compte. Ne le communiquez pas.
« Nous sommes partenaire officiel de Google » Demandez-le par écrit, avec le nom de la société, son numéro SIREN et l’adresse de son siège, puis vérifiez.
« L’offre n’est valable qu’aujourd’hui » Une offre sérieuse supporte un délai de réflexion.

Ce que dit la loi quand c’est votre entreprise qui est démarchée#

C’est le point qui surprend le plus : une grande partie des protections contre le démarchage vise les consommateurs, pas les entreprises.

Le démarchage téléphonique. Depuis le 11 août 2026, en application de la loi n° 2025-594 du 30 juin 2025, un professionnel doit obtenir l’accord explicite du consommateur avant de l’appeler pour le démarcher. La DGCCRF l’explique dans son article Le démarchage téléphonique désormais interdit si vous n’y avez pas consenti, qui précise que cette réforme « marque aussi la fin du dispositif Bloctel ». Ces règles sont présentées pour les consommateurs. Elles ne traitent pas des appels reçus par une entreprise pour son activité : ne vous appuyez pas sur elles pour votre ligne professionnelle.

Le droit de rétractation d’un professionnel. Il existe, mais dans un cas précis. La DGCCRF le détaille dans sa fiche Petits professionnels : vous avez 14 jours pour vous rétracter en cas de contrat conclu hors établissement. Trois conditions doivent être réunies :

  • le contrat a été conclu hors établissement entre deux professionnels, par exemple lors d’une visite dans vos locaux ;
  • son objet n’entre pas dans le champ de votre activité principale ;
  • votre entreprise emploie cinq salariés au plus.

Le délai est de quatorze jours à compter de la conclusion du contrat ou de la réception du bien. Il est prolongé de douze mois si les informations sur le droit de rétractation ne vous ont pas été fournies. En revanche, la DGCCRF exclut de ce dispositif les ventes en ligne, les ventes à distance par téléphone et les ventes en foires et salons. Un contrat conclu entièrement au téléphone n’ouvre donc pas ce droit ; un appel suivi d’une visite où vous signez peut, lui, relever du hors établissement. C’est à faire vérifier au cas par cas.

Les pratiques commerciales trompeuses. Pour les faux annuaires, la DGCCRF indique que, si les faits sont établis et que la société a son siège en France, l’administration peut transmettre au procureur de la République un procès-verbal pour « pratique commerciale trompeuse », une infraction pénale. C’est ce qui justifie un signalement, même quand vous avez signé.

Si votre question porte sur un abonnement d’annuaire bien réel, souscrit en connaissance de cause, et sur son intérêt aujourd’hui, c’est un autre sujet : nous l’avons traité dans PagesJaunes, Solocal : faut-il encore payer ?.

Où signaler#

  • À Google. La page d’aide sur les appels frauduleux propose un formulaire Web pour signaler l’appel. Joignez le nom de la société qui vous a appelé, ses coordonnées et tous les e-mails ou documents reçus.
  • À l’administration. Pour une offre trompeuse, la DGCCRF oriente vers la direction départementale de la protection des populations de votre département, ou vers la plateforme SignalConso (signal.conso.gouv.fr). SignalConso est d’abord conçu pour les consommateurs ; c’est pourtant la DGCCRF elle-même qui le cite dans sa fiche sur les annuaires professionnels.
  • À Cybermalveillance.gouv.fr. Si vous avez communiqué un code, un mot de passe ou des coordonnées bancaires, le service 17Cyber s’adresse aux particuliers, aux entreprises, aux associations et aux collectivités : un questionnaire établit un diagnostic et oriente vers les bonnes démarches.
  • À la police ou à la gendarmerie. Le dépôt de plainte reste possible, notamment, précise la DGCCRF, lorsque l’entreprise est domiciliée à l’étranger.

Si vous avez signé ou payé : la marche à suivre#

  1. Arrêtez l’échange. Ne confirmez plus rien au téléphone, ne signez aucun document complémentaire, ne réglez aucune facture de relance sans avoir relu ce que vous avez signé.
  2. Rassemblez les preuves. Numéro appelant, date et heure, nom donné par l’interlocuteur, e-mails, bon de commande, conditions générales, factures. Notez de mémoire le déroulé de l’appel, le jour même.
  3. Vérifiez si le droit de rétractation peut s’appliquer. Contrat hors établissement, cinq salariés au plus, objet hors de votre activité principale : si les trois conditions sont réunies, le délai de quatorze jours court. Agissez vite et par écrit.
  4. Écrivez au prestataire. La DGCCRF recommande un recours amiable par lettre recommandée avec accusé de réception, adressée à l’adresse figurant sur les factures. Restez factuel, rappelez les éléments contestés et conservez une copie.
  5. Contactez votre banque si vous avez payé. Expliquez la situation et demandez ce qui est possible selon le moyen de paiement utilisé.
  6. Reprenez la main sur vos comptes. Si vous avez donné un code ou un accès, changez le mot de passe de votre compte Google, puis vérifiez la liste des utilisateurs de votre fiche et retirez ceux que vous ne connaissez pas. La logique est la même que pour arrêter une prestation marketing proprement : sécuriser d’abord, couper ensuite.
  7. Signalez. Auprès de Google, de la direction départementale ou de SignalConso, et de 17Cyber si des accès ont été compromis.
  8. Faites examiner le dossier. Un avocat, votre chambre de métiers ou votre chambre de commerce, ou la protection juridique de votre assurance professionnelle si vous en avez une.

La checklist : cinq questions à poser à tout démarcheur#

Ces questions valent pour n’importe quel interlocuteur, y compris un prestataire parfaitement honnête. Un professionnel sérieux y répond sans difficulté.

  • [ ] Quel est le nom exact de votre société, son numéro SIREN et l’adresse de son siège ? Vous pourrez vérifier ces informations vous-même avant de rappeler.
  • [ ] Pouvez-vous m’envoyer l’offre complète par écrit, avec le prix, la durée et les conditions de résiliation ? Rien ne se décide avant de l’avoir lue.
  • [ ] Sur quel compte et à quel nom la fiche, le site ou la publicité seront-ils gérés ? La réponse attendue : les vôtres.
  • [ ] Que garantissez-vous exactement ? Une position ou un volume de clients promis doit vous alerter.
  • [ ] Puis-je prendre quelques jours pour réfléchir ? Si la réponse est non, la décision est prise.

Pour aller plus loin avant de choisir un prestataire, notre grille des questions à poser avant de signer reprend ces points en détail.

Notre position, pour être clair#

Afflux ne se présente jamais comme Google ni comme mandaté par Google. Nous ne promettons aucune position, la fiche et les comptes publicitaires restent au nom de nos clients, et nos offres sont sans engagement. Si vous doutez d’un appel que vous venez de recevoir, vous pouvez partir d’un état des lieux de votre fiche et de votre visibilité : demandez votre audit gratuit.

Sources

Cet article donne des repères pratiques, pas un avis juridique ; en cas de litige, rapprochez-vous d’un professionnel du droit ou de votre chambre consulaire.

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Pour aller plus loin : notre méthode, étape par étape.